- 29 mars
Déficit de prégnénolone dans l’endométriose : un verrou méconnu du cycle menstruel
- Bertille et Emma The Endo Shift
- Accompagner le terrain
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La prégnénolone est souvent décrite comme la « grand-mère » des hormones stéroïdiennes. Issue du cholestérol, elle est la molécule précurseur de toute la cascade hormonale : progestérone, cortisol, DHEA, testostérone, œstrogènes…
En cas de déficit en prégnénolone, tout l’axe hormonal peut être fragilisé, y compris chez les femmes atteintes d’endométriose.
Emma te dit pourquoi t'intéresser à cette hormone peut être un game changer dans le suivi que tu proposes aux femmes atteintes d'endométriose.
Pourquoi la prégnénolone manque-t-elle ?
Dans l’endométriose, plusieurs mécanismes contribuent à ce déficit :
Stress chronique et inflammation systémique :
Le corps redirige la prégnénolone vers la voie du cortisol pour gérer le stress (biologique ou psychique) – c’est ce qu’on appelle le "vol de la prégnénolone". Résultat :
Moins de progestérone,
Moins de DHEA/testostérone,
Déséquilibre œstrogénique.Déficit en cholestérol de qualité ou mauvaise conversion hépatique :
Une mauvaise digestion des graisses, un foie surchargé ou des apports insuffisants peuvent limiter la synthèse de base.Altérations mitochondriales :
La conversion du cholestérol en prégnénolone se fait dans les mitochondries. Or, l’endométriose est associée à un dysfonctionnement mitochondrial chronique, ce qui freine cette première étape de la stéroïdogenèse.
Conséquences d’un déficit en prégnénolone sur le cycle
Quand la prégnénolone fait défaut, le cycle se dérègle en profondeur :
Insuffisance lutéale :
Faible production de progestérone en phase post-ovulatoire → phases lutéales trop courtes, spotting, syndrome prémenstruel marqué, nidation difficile.Dominance œstrogénique fonctionnelle :
Si la progestérone chute, les œstrogènes deviennent dominants, même sans être en excès absolu → douleurs exacerbées, mastodynies, troubles de l’humeur, règles abondantes.Troubles ovulatoires ou cycles anovulatoires :
Le terrain hormonal global devient instable, avec une baisse de la DHEA et de la testostérone qui impacte aussi la qualité folliculaire.Fatigue chronique et hypersensibilité au stress :
La baisse de prégnénolone impacte aussi le cortisol et les neuromodulateurs. Résultat : plus de fatigue, d’anxiété, de troubles du sommeil.
Ce qu’on peut faire en accompagnement
Un déficit en prégnénolone ne se corrige pas directement (la supplémentation est controversée), mais on peut travailler en amont et en aval :
Soutien des mitochondries (Q10, NAC, acide alpha-lipoïque, etc.)
Réduction de la charge inflammatoire et du stress oxydatif
Apport de cholestérol alimentaire de qualité
Soutien hépatique (pour la conversion)
Approche adaptogène et neuro-hormonale (cordiceps, rhodiola, ashwagandha… Selon les profils)
En résumé
Le déficit en prégnénolone est un marqueur d’épuisement profond de l’axe neuro-endocrinien, fréquent dans l’endométriose.
Comprendre ce point peut expliquer de nombreuses situations cliniques complexes : cycles désynchronisés, mauvaise réponse aux traitements hormonaux, fatigue persistante…
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